London_
28 septembre 2016

ROYAUME- UNI : Les déficits des régimes de retraite auront-ils une incidence sur le financement des entreprises ?

ROYAUME- UNI : Les déficits des régimes de retraite auront-ils une incidence sur le financement des entreprises ?

Au cours des dernières semaines, le rendement des obligations d’entreprise de première catégorie a chuté de manière spectaculaire, passant de 3 % à 2 % par an. Cette baisse semble être la conséquence directe de l’annonce faite par la Banque d’Angleterre d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif incluant le rachat d’obligations d’entreprise.

Or, ces rendements servent de référence pour évaluer les engagements de retraite portés aux bilans de sociétés. Comme le démontre l’étude sur les retraites Accounting for Pensions, cette situation a donc eu une forte incidence négative sur les déficits des engagements de retraite calculés en vertu des normes IAS19 et FRS. Ainsi, si les conditions actuelles du marché devaient perdurer encore quelques mois, l’impact de ces déficits sur les bilans des sociétés ne ferait qu’empirer malgré des rendements raisonnablement positifs pour beaucoup d’entre elles.

À titre d’exemple, une société du FTSE250 avec un plan de retraite de 500 millions £ qui devrait comptabiliser à l’heure actuelle une hausse de 100 millions £ de son déficit IAS19 apparue au cours des six dernières semaines, verrait son bilan comptable avant impôts fragilisé à hauteur de 100 millions £.

Par le passé, sauf quand les régimes de retraite sont devenus complètement hors de contrôle (comme ce fut le cas avec Philip Green qui mit court à leur financement au sein de BHS), leurs déficits n’ont jamais affecté matériellement la disponibilité ou les modalités de refinancement. En effet, sociétés et investisseurs perçoivent généralement ce déficit comptable comme n’étant rien de plus qu’une limite à ne pas franchir, et directeurs financiers et investisseurs ont plutôt tendance à se concentrer sur l’incidence des régimes de retraite sur le profit et la trésorerie que sur le déficit comptabilisé au bilan. Seules les sociétés financières (banques, assurances, et sociétés de gestion de portefeuille) font figure d’exception puisqu’elles s’intéressent tout particulièrement au bilan comptable.

A présent, la question est donc de savoir ce qui se passerait si les déficits restaient très élevés. À quel moment la faiblesse d’un bilan de société britannique présentant un lourd déficit de pension rebutera-t-elle les financiers (banques, acheteurs d’obligations d’entreprise, investisseurs privés, agences de notation de crédit) ? À quel moment les investisseurs se monteront ils réticents à injecter plus de fonds dans ces entreprises ? Et enfin, à quel moment l’incidence sur les bilans remettra-t-elle en question la capacité des entreprises à maintenir leurs dividendes ?

Espérons que le problème disparaisse rapidement et que les rendements des obligations d’entreprise remontent par rapport aux taux historiquement bas qu’ils ont aujourd’hui atteints avant d’être cristallisés dans les bilans et rapports financier.

En attendant, les entreprises britanniques devront regarder de très près leur déficits de régimes de retraite dans les mois à venir, notamment si elles cherchent à obtenir des financements au cours des douze prochains mois, ou s’il existe des risques potentiels pour leur politique de dividendes. Dans certains cas, il conviendra d’initier le plus tôt possible un dialogue avec les financiers et de rappeler à toutes les parties impliquées en quoi consiste un déficit comptable, à savoir un nombre comptable, calculé sur une base donnée, qui, en soi, ne nécessite pas qu’un paiement supplémentaire soit effectué pour renflouer le régime de retraite.

Enfin, si les conditions actuelles persistent, les charges d’exploitation dues à la hausse des engagements dans les régimes de retraite en 2017 augmenteront de manière significative et devront immédiatement être prises en compte dans les budgets 2017, ce qui pourrait pousser davantage d’employeurs à supprimer les régimes de retraite.

En savoir plus

Fondée à Londres en 1947, LCP est une entreprise de consultants en finance et en actuariat spécialisée dans les domaines de la retraite, des investissements et des assurances. Elle compte plus de 90 partenaires et environ 450 employés. Leurs valeurs s’appuient sur l’innovation et la qualité de service, une communication précise et orientée résultats, un engagement fort avec ses clients grâce à une expertise métiers et internationale.

ROYAUME- UNI : Les déficits des régimes de retraite auront-ils une incidence sur le financement des entreprises ?

Au cours des dernières semaines, le rendement des obligations d’entreprise de première catégorie a chuté de manière spectaculaire, passant de 3 % à 2 % par an. Cette baisse semble être la conséquence directe de l’annonce faite par la Banque d’Angleterre d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif incluant le rachat d’obligations d’entreprise.

Or, ces rendements servent de référence pour évaluer les engagements de retraite portés aux bilans de sociétés. Comme le démontre l’étude sur les retraites Accounting for Pensions, cette situation a donc eu une forte incidence négative sur les déficits des engagements de retraite calculés en vertu des normes IAS19 et FRS. Ainsi, si les conditions actuelles du marché devaient perdurer encore quelques mois, l’impact de ces déficits sur les bilans des sociétés ne ferait qu’empirer malgré des rendements raisonnablement positifs pour beaucoup d’entre elles.

À titre d’exemple, une société du FTSE250 avec un plan de retraite de 500 millions £ qui devrait comptabiliser à l’heure actuelle une hausse de 100 millions £ de son déficit IAS19 apparue au cours des six dernières semaines, verrait son bilan comptable avant impôts fragilisé à hauteur de 100 millions £.

Par le passé, sauf quand les régimes de retraite sont devenus complètement hors de contrôle (comme ce fut le cas avec Philip Green qui mit court à leur financement au sein de BHS), leurs déficits n’ont jamais affecté matériellement la disponibilité ou les modalités de refinancement. En effet, sociétés et investisseurs perçoivent généralement ce déficit comptable comme n’étant rien de plus qu’une limite à ne pas franchir, et directeurs financiers et investisseurs ont plutôt tendance à se concentrer sur l’incidence des régimes de retraite sur le profit et la trésorerie que sur le déficit comptabilisé au bilan. Seules les sociétés financières (banques, assurances, et sociétés de gestion de portefeuille) font figure d’exception puisqu’elles s’intéressent tout particulièrement au bilan comptable.

A présent, la question est donc de savoir ce qui se passerait si les déficits restaient très élevés. À quel moment la faiblesse d’un bilan de société britannique présentant un lourd déficit de pension rebutera-t-elle les financiers (banques, acheteurs d’obligations d’entreprise, investisseurs privés, agences de notation de crédit) ? À quel moment les investisseurs se monteront ils réticents à injecter plus de fonds dans ces entreprises ? Et enfin, à quel moment l’incidence sur les bilans remettra-t-elle en question la capacité des entreprises à maintenir leurs dividendes ?

Espérons que le problème disparaisse rapidement et que les rendements des obligations d’entreprise remontent par rapport aux taux historiquement bas qu’ils ont aujourd’hui atteints avant d’être cristallisés dans les bilans et rapports financier.

En attendant, les entreprises britanniques devront regarder de très près leur déficits de régimes de retraite dans les mois à venir, notamment si elles cherchent à obtenir des financements au cours des douze prochains mois, ou s’il existe des risques potentiels pour leur politique de dividendes. Dans certains cas, il conviendra d’initier le plus tôt possible un dialogue avec les financiers et de rappeler à toutes les parties impliquées en quoi consiste un déficit comptable, à savoir un nombre comptable, calculé sur une base donnée, qui, en soi, ne nécessite pas qu’un paiement supplémentaire soit effectué pour renflouer le régime de retraite.

Enfin, si les conditions actuelles persistent, les charges d’exploitation dues à la hausse des engagements dans les régimes de retraite en 2017 augmenteront de manière significative et devront immédiatement être prises en compte dans les budgets 2017, ce qui pourrait pousser davantage d’employeurs à supprimer les régimes de retraite.

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Fondée à Londres en 1947, LCP est une entreprise de consultants en finance et en actuariat spécialisée dans les domaines de la retraite, des investissements et des assurances. Elle compte plus de 90 partenaires et environ 450 employés. Leurs valeurs s’appuient sur l’innovation et la qualité de service, une communication précise et orientée résultats, un engagement fort avec ses clients grâce à une expertise métiers et internationale.

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A propos de l'auteur : Henner

Le Groupe Henner développe des solutions innovantes en assurances de personnes et est le courtier leader en France sur le marché de l’assurance santé collective. Très présent à l’international, il compte 1 500 collaborateurs à Paris et en régions, en Europe, Asie, Afrique et Amérique du nord. Présent sur tous les segments de l’assurance de personnes (santé, prévoyance, retraite), le Groupe accompagne près de 10 000 entreprises de toutes tailles (TPE, PME, ETI, grands groupes) dans la conception et la gestion de leurs programmes de protection sociale au bénéfice de 1,5 million d’assurés et leurs familles.

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About HENNER

Le Groupe Henner développe des solutions innovantes en assurances de personnes et est le courtier leader en France sur le marché de l’assurance santé collective. Très présent à l’international, il compte 1 500 collaborateurs à Paris et en régions, en Europe, Asie, Afrique et Amérique du nord. Présent sur tous les segments de l’assurance de personnes (santé, prévoyance, retraite), le Groupe accompagne près de 10 000 entreprises de toutes tailles (TPE, PME, ETI, grands groupes) dans la conception et la gestion de leurs programmes de protection sociale au bénéfice de 1,5 million d’assurés et leurs familles.

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