30 avril 2020

Crise sanitaire et actionnariat salarié

CRISE SANITAIRE ET ACTIONNARIAT SALARIÉ

La France est très active dans le domaine de l’actionnariat salarié avec 2,9 millions d'actionnaires au 31 décembre 2019. En moyenne, 3,2 % du capital des entreprises du CAC 40 est détenu par les salariés. A fin 2019, les fonds d’actionnariat salarié représentaient 54,7 milliards d’euros et 38 % des encours d’épargne salariale. Levier essentiel pour la croissance des entreprises et facteur de stabilité de leur capital, ce système a permis d’attirer des collaborateurs de talent, de fidéliser et de fédérer les salariés, au fil des années. Mais aujourd’hui, la crise sanitaire bouleverse ce marché et impacte notamment les salariés des entreprises du CAC 40, du SBF 120 ainsi que des entreprises non cotées qui ont fait de l’actionnariat salarié, depuis plusieurs années, un levier fondamental de leur politique d’avantages sociaux et de rémunération.

Nous savons que la France est très active dans le domaine de l’actionnariat salarié. La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur les offres d’actionnariat salarié prévues le premier semestre 2020 ?

Oui, la crise actuelle a poussé les entreprises à réfléchir sur l’opportunité de maintenir les offres prévues au premier semestre 2020 et des entreprises ont décidé de décaler leurs offres.

Néanmoins, certaines entreprises qui proposaient des offres d’actionnariat salarié dites « classiques » et ce, de manière régulière, ont maintenu celles-ci au premier semestre 2020. Il s’agit notamment d’entreprises où les offres d’actionnariat salarié sont, à présent, bien appréhendées par les salariés car déployées depuis plusieurs années. Elles ont donc misé davantage sur l’intérêt de maintenir la régularité des offres et ont voulu éviter l’éventuel impact négatif, en termes de communication, du changement de calendrier habituel de l’offre.

Il faut dire aussi que le déploiement d’une offre d’actionnariat nécessite plusieurs mois de préparation en amont et que la décision de décaler n’est jamais anodine.

Puisque la décision de décaler n’est pas anodine, quelles sont les principales raisons qui ont poussé les entreprises à le faire ?

1. Le déploiement de ces offres nécessite une forte mobilisation des équipes internes au sein de l’entreprise et une bonne communication auprès des salariés. Les entreprises qui ont décidé de décaler leurs offres ont souvent jugé que la période actuelle ne permettait pas d’expliquer l’offre et de communiquer auprès des salariés de manière optimale. Il s’agit notamment d’entreprises qui prévoyaient une première offre d’actionnariat salarié ou qui ne s’étaient pas engagées sur une régularité. D’ailleurs, en termes de timing, les entreprises ont généralement pris la décision de décaler leurs offres avant toute communication aux salariés éligibles.

2. Par ailleurs, une forte volatilité des marchés financiers a été à l’origine du décalage d’offres dites « structurées » proposant notamment une garantie de l’investissement initial du salarié. Ces opérations nécessitent l’intervention de la banque sur les marchés financiers.

Ce sont principalement les deux raisons évoquées par les entreprises qui ont décidé de décaler leurs offres d’actionnariat salarié prévues initialement au premier semestre 2020.

De par votre présence importante sur le marché de l’actionnariat salarié, craignez-vous un impact durable de la crise sur le lancement des offres d’actionnariat salarié ?

Non, d’ailleurs, au travers de nos différents échanges avec les entreprises, nous prévoyons une forte activité en 2021 grâce aux entreprises qui avaient, indépendamment de la crise actuelle, prévu une offre en 2021 (il s’agit notamment des offres récurrentes) mais également les entreprises qui ont reporté leurs opérations en 2021.

L’actionnariat salarié répond à des objectifs qui dépassent, à notre sens, la simple opportunité financière ou le fait de proposer un plan d’épargne aux salariés. Les plans d’actionnariat salarié ont pour ambition de rassembler et de fédérer les salariés autour des valeurs et de la stratégie de l’entreprise. Il s’agit aussi d’un frein anti-OPA. De plus, le déploiement de ces plans est une occasion presque unique de communiquer avec l’ensemble des salariés, quel que soit leur catégorie socio-professionnelle et quel que soit leur pays. Ce vecteur de communication sera d’autant plus appréciable au moment de la reprise.

Certes, il s’agit in fine d’acquisition des actions mais celle-ci se fait souvent à des conditions avantageuses permettant de créer un « coussin » par rapport à l’éventuelle volatilité ou baisse des marchés financiers. Par ailleurs, rappelons-le, la souscription à des actions de son entreprise est un investissement à moyen terme et non à court terme du fait de la période de blocage de 5 ans qui est prévue dans la plupart des offres.

La loi PACTE avait prévu des mesures incitatives concernant l’actionnariat salarié. Celles-ci aideront-elles à la reprise de l’activité ?

La loi PACTE a notamment prévu la possibilité pour les entreprises de proposer une décote de 30 % correspondant à un blocage de l’investissement pendant 5 ans. De notre expérience, la majorité des entreprises n’a pas eu recours à cette possibilité lors des offres précédentes, pour diverses raisons telles que la nécessité de prévoir des résolutions d’assemblée générale adaptées.

Le recours à cette possibilité en 2021 rendrait certainement l’offre plus attractive pour les salariés et participerait au succès de l’offre. Néanmoins, nous ne maîtrisons pas l’évolution des marchés financiers en 2021. Si les marchés sont toujours en baisse, les entreprises qui proposent d’ores et déjà des conditions préférentielles (décote de 20 %, abondement, etc.) pourraient vouloir éviter un « effet d’aubaine » trop important.

Par ailleurs, la loi PACTE a également prévu l’élection des représentants des salariés aux conseils de surveillance des Fonds Communs de Placement en Entreprises avant le 1er janvier 2021. Ces derniers pouvaient être préalablement désignés par les CSE ou les organisations syndicales. Nous sommes sollicités également par les entreprises pour l’organisation de ces votes par voie électronique tout en respectant les obligations légales prévues.

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CRISE SANITAIRE ET ACTIONNARIAT SALARIÉ

La France est très active dans le domaine de l’actionnariat salarié avec 2,9 millions d'actionnaires au 31 décembre 2019. En moyenne, 3,2 % du capital des entreprises du CAC 40 est détenu par les salariés. A fin 2019, les fonds d’actionnariat salarié représentaient 54,7 milliards d’euros et 38 % des encours d’épargne salariale. Levier essentiel pour la croissance des entreprises et facteur de stabilité de leur capital, ce système a permis d’attirer des collaborateurs de talent, de fidéliser et de fédérer les salariés, au fil des années. Mais aujourd’hui, la crise sanitaire bouleverse ce marché et impacte notamment les salariés des entreprises du CAC 40, du SBF 120 ainsi que des entreprises non cotées qui ont fait de l’actionnariat salarié, depuis plusieurs années, un levier fondamental de leur politique d’avantages sociaux et de rémunération.

Nous savons que la France est très active dans le domaine de l’actionnariat salarié. La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur les offres d’actionnariat salarié prévues le premier semestre 2020 ?

Oui, la crise actuelle a poussé les entreprises à réfléchir sur l’opportunité de maintenir les offres prévues au premier semestre 2020 et des entreprises ont décidé de décaler leurs offres.

Néanmoins, certaines entreprises qui proposaient des offres d’actionnariat salarié dites « classiques » et ce, de manière régulière, ont maintenu celles-ci au premier semestre 2020. Il s’agit notamment d’entreprises où les offres d’actionnariat salarié sont, à présent, bien appréhendées par les salariés car déployées depuis plusieurs années. Elles ont donc misé davantage sur l’intérêt de maintenir la régularité des offres et ont voulu éviter l’éventuel impact négatif, en termes de communication, du changement de calendrier habituel de l’offre.

Il faut dire aussi que le déploiement d’une offre d’actionnariat nécessite plusieurs mois de préparation en amont et que la décision de décaler n’est jamais anodine.

Puisque la décision de décaler n’est pas anodine, quelles sont les principales raisons qui ont poussé les entreprises à le faire ?

1. Le déploiement de ces offres nécessite une forte mobilisation des équipes internes au sein de l’entreprise et une bonne communication auprès des salariés. Les entreprises qui ont décidé de décaler leurs offres ont souvent jugé que la période actuelle ne permettait pas d’expliquer l’offre et de communiquer auprès des salariés de manière optimale. Il s’agit notamment d’entreprises qui prévoyaient une première offre d’actionnariat salarié ou qui ne s’étaient pas engagées sur une régularité. D’ailleurs, en termes de timing, les entreprises ont généralement pris la décision de décaler leurs offres avant toute communication aux salariés éligibles.

2. Par ailleurs, une forte volatilité des marchés financiers a été à l’origine du décalage d’offres dites « structurées » proposant notamment une garantie de l’investissement initial du salarié. Ces opérations nécessitent l’intervention de la banque sur les marchés financiers.

Ce sont principalement les deux raisons évoquées par les entreprises qui ont décidé de décaler leurs offres d’actionnariat salarié prévues initialement au premier semestre 2020.

Qu’en est-il des offres d’actionnariat salarié prévues au 2ème semestre 2020 ?

- Ces entreprises ont généralement maintenu les calendriers prévisionnels de déploiement au second semestre. Elles y voient également un moyen de lancer un message positif, fédérateur à la rentrée, au moment de la reprise de l’activité. Sans préjuger de l’évolution du cours de leurs actions, certaines entreprises soulignent même que la souscription à un cours de l’action éventuellement plus bas qu’en début d’année pourrait être même incitatif pour les salariés.

- Les entreprises qui préparent actuellement un déploiement de leurs offres lors du second semestre n’ont, pour la plupart, pas prévu de changement majeur au niveau des modalités clés de leurs offres suite à la crise.

En revanche, toutes les entreprises semblent, plus que jamais, convaincues de l’intérêt de la communication digitale et cherchent à maximiser l’utilisation des outils digitaux. Cela tombe bien car avec Butterfly, notre agence spécialisée en communication sur les opérations d’actionnariat salarié, c’est bien le parti pris depuis plusieurs années déjà.

De par votre présence importante sur le marché de l’actionnariat salarié, craignez-vous un impact durable de la crise sur le lancement des offres d’actionnariat salarié ?

Non, d’ailleurs, au travers de nos différents échanges avec les entreprises, nous prévoyons une forte activité en 2021 grâce aux entreprises qui avaient, indépendamment de la crise actuelle, prévu une offre en 2021 (il s’agit notamment des offres récurrentes) mais également les entreprises qui ont reporté leurs opérations en 2021.

L’actionnariat salarié répond à des objectifs qui dépassent, à notre sens, la simple opportunité financière ou le fait de proposer un plan d’épargne aux salariés. Les plans d’actionnariat salarié ont pour ambition de rassembler et de fédérer les salariés autour des valeurs et de la stratégie de l’entreprise. Il s’agit aussi d’un frein anti-OPA. De plus, le déploiement de ces plans est une occasion presque unique de communiquer avec l’ensemble des salariés, quel que soit leur catégorie socio-professionnelle et quel que soit leur pays. Ce vecteur de communication sera d’autant plus appréciable au moment de la reprise.

Certes, il s’agit in fine d’acquisition des actions mais celle-ci se fait souvent à des conditions avantageuses permettant de créer un « coussin » par rapport à l’éventuelle volatilité ou baisse des marchés financiers. Par ailleurs, rappelons-le, la souscription à des actions de son entreprise est un investissement à moyen terme et non à court terme du fait de la période de blocage de 5 ans qui est prévue dans la plupart des offres.

La loi PACTE avait prévu des mesures incitatives concernant l’actionnariat salarié. Celles-ci aideront-elles à la reprise de l’activité ?

La loi PACTE a notamment prévu la possibilité pour les entreprises de proposer une décote de 30 % correspondant à un blocage de l’investissement pendant 5 ans. De notre expérience, la majorité des entreprises n’a pas eu recours à cette possibilité lors des offres précédentes, pour diverses raisons telles que la nécessité de prévoir des résolutions d’assemblée générale adaptées.

Le recours à cette possibilité en 2021 rendrait certainement l’offre plus attractive pour les salariés et participerait au succès de l’offre. Néanmoins, nous ne maîtrisons pas l’évolution des marchés financiers en 2021. Si les marchés sont toujours en baisse, les entreprises qui proposent d’ores et déjà des conditions préférentielles (décote de 20 %, abondement, etc.) pourraient vouloir éviter un « effet d’aubaine » trop important.

Par ailleurs, la loi PACTE a également prévu l’élection des représentants des salariés aux conseils de surveillance des Fonds Communs de Placement en Entreprises avant le 1er janvier 2021. Ces derniers pouvaient être préalablement désignés par les CSE ou les organisations syndicales. Nous sommes sollicités également par les entreprises pour l’organisation de ces votes par voie électronique tout en respectant les obligations légales prévues.

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A propos de l'auteur : Henner

Le Groupe Henner développe des solutions innovantes en assurances de personnes et est le courtier leader en France sur le marché de l’assurance santé collective. Très présent à l’international, il compte 1 550 collaborateurs à Paris et en régions, en Europe, Asie, Afrique et Amérique du Nord. Présent sur tous les segments de l’assurance de personnes (santé, prévoyance, retraite), le Groupe accompagne près de 11 000 entreprises de toutes tailles (TPE, PME, ETI, grands groupes) dans la conception et la gestion de leurs programmes de protection sociale au bénéfice de 2,1 millions d’assurés et leurs familles.

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Le Groupe Henner développe des solutions innovantes en assurances de personnes et est le courtier leader en France sur le marché de l’assurance santé collective. Très présent à l’international, il compte 1 500 collaborateurs à Paris et en régions, en Europe, Asie, Afrique et Amérique du nord. Présent sur tous les segments de l’assurance de personnes (santé, prévoyance, retraite), le Groupe accompagne près de 10 000 entreprises de toutes tailles (TPE, PME, ETI, grands groupes) dans la conception et la gestion de leurs programmes de protection sociale au bénéfice de 1,5 million d’assurés et leurs familles.

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